Galerie Bernard Jordan

Paris
galeriebernardjordan.com

Artiste invitée : Odile Maarek

L’Envers de la pupille

Voiler pour dévoiler. Recouvrir pour voir. Voilà quelques mots qui me viennent à l’esprit pour décrire la pratique d’Odile Maarek…les dessins des séries Aux noirs entraînent l’œil dans les méandres d’un cheminement labyrinthique à la recherche de ce qui se cache dans les profondeurs. Les dessins des séries Gustave et Bruegel s’offrent au regard comme des sortes de paysages oniriques, entièrement enveloppés d’un dense pelage de traits et de hachures. Remplie de crevasses et d’orifices, la matière fourmillante ondule et tourbillonne. Ici et là, des éléments figuratifs se révèlent : des arbres ou des poissons, un oiseau qui s’envole, des fragments de corps qui émergent de l’ombre ou des mains et des bras qui gesticulent. Devant ces œuvres discrètes, nous pénétrons dans un monde sensuel fantaisiste où les ténèbres et le rêve érotique se confondent… Odile Maarek se sert de ces images imprimées comme une matière de fond et un tremplin pour son imaginaire. Par la lente accumulation de traits fins au feutre pigmentaire, elle les recouvre et les transforme. D’un dessin à l’autre, sa main suit les pérégrinations de son regard, cherchant à rendre visible le sens et l’émotion qui se cachent sous les formes.
Les dessins les plus récents d’Odile Maarek, qu’elle nomme Dessins solubles, ne sont pas dessinés sur des reproductions d’autres œuvres, mais sur du papier blanc. L’accumulation de traits n’est pas aussi dense que dans les séries précédentes, les noirs ne sont pas aussi profonds. Les points et les traits délicats, toujours au feutre pigmentaire noir, créent une matière frémissante ; les ombres et les formes semblent se diluer et se recomposer dans un mouvement perpétuel. Ces œuvres peuvent nous faire penser aux dessins de Seurat, dont les noirs font vibrer la luminosité de la feuille, ou aux « images » scintillantes que l’on voit en fermant les yeux face au soleil…

Diana Quinby
(extraits)

Odile Maarek, Sans titre, 2014, craies Comté sur papier Ingres, 59.5 x 74.5 cm
Odile Maarek, Sans titre, 2014, craies Comté sur papier Ingres, 59.5 x 74.5 cm

 

Odile Maarek, Sans titre, 2012, feutre pigmentaire sur papier 19 x 14 cm
Odile Maarek, Sans titre, 2012, feutre pigmentaire sur papier 19 x 14 cm